Pour Pierre Lapègue, le podologue préféré de mon pied avec toute mon amitié.

Cartoon "C'est les voiliers que tu regardes ?" par Michel Froget

Le coureur à pied… court… sur ses pieds… de préférence !

Son pied est donc, pourrait-on dire, en quelque sorte, son « instrument de travail », voire de loisir ?

Son pied lui permet donc de connaître le bonheur de se lever le week-end bien avant toute la famille, de sortir sous une petite pluie fine et glacée, le jour à peine levé pour un entrainement dominical. Grâce à son pied, il s’offre même parfois une petite sortie sur les trottoirs humides en rentrant du boulot alors que la nuit est déjà tombée sur la ville.

Mais s’est toujours grâce à son pied qu’il a le bonheur de courir dans des paysages sublimes au soleil couchant, de retrouver parfois plein d’autres pieds amis pour de grandes courses rituelles sentant bon la transpiration et la pommade Nok !

Bref, le lien entre le coureur à pied et… son pied est indéniable et passe, la plupart du temps, par sa cheville. Facile là ? Non ?

Cartoon "C'est le pied" par Michel Froget

Comme c’est un bon ami… il convient d’en prendre soin, de lui porter attention, de le chérir.

Alors on lui offre de belles chaussures de running avec des dispositifs savants qui préservent à la fois l’amorti, le maintient, la stabilité, la vivacité, la rapidité, la vélocité, … et le confort !

On investit dans des chaussettes spéciales, sans couture, en coton et en téflon, anti-ampoule, anti-blessure, anti sueur, anti-chaud, anti-froid.

On se fait livrer des tubes d’onguents, de pommade anti-échauffement, de baume du tigre, de soins divers, de crème de récupération qui sent bon. On glace, on masse, et comme un geste en appelle un autre, sans s’en rendre compte, irrésistiblement, on malaxe, on caresse, on embrasse… (t’es souple toi ?)

On lui coupe ses petits ongles, bien courts mais pas trop, on veille sur l’ongle incarné comme le lait sur le feu, on traque le cor naissant ou n’importe quelle corne sournoise, on débusque l’ampoule en formation, on s’alerte à la moindre rougeur.

Et comme vraiment, on l’aime par-dessus tout, on lui offre pour son anniversaire une jolie semelle orthopédique avec le dessus tout bleu comme il l’aime, peaufinée par votre podologue préféré, testée, rectifiée, affinée, perfectionnée jusqu’à ce qu’elle soit irréprochable et puisse se coller parfaitement à son anatomie dans la moiteur intime de son asics… (sic !)

Cartoon "Halte aux cadences infernales" par Michel Froget

Mais… comme c’est un bon ami… on est prêt également à lui demander beaucoup, à être exigeant avec lui et à ne pas le ménager :

Alors, on lui fait avaler des kilomètres hiver comme été, par temps sec et par temps mouillé. On lui fait « bouffer » du bitume en ville, du chemin à la campagne, des sentiers en montagne, du sable sur la plage, de l’enrobé au stade (et pourquoi pas de la neige à Noel, tant que tu y es ? !).

On le sollicite pour grimper des raidillons, pour retenir notre corps fatigué dans les descentes, pour sauter un trottoir, pour éviter une flaque.

Il travaille en tension, en extension, en supination et pronation. Il attaque du talon, se déroule, pousse sur le gros orteil et se soulève avec grâce comme un félin dans la savane s’attaque à l’antilope esseulée… (c’est beau comme image ça, non ? Remarque, si le félin était derrière toi, tu ferais moins le malin et tu courrais peut-être un peu plus vite !)

Alors bien sûr, si au cours de l’entrainement, une petite douleur se fait sentir, si l’on ressent comme un échauffement, une amorce de tendinite, si à chaque foulée, on a l’impression qu’il y a un pli dans sa chaussette, si chaque réception accentue un point de douleur, on se rue, à peine la douche achevée, chez son podologue préféré pour le supplier de vous ressusciter, de résoudre le soucis, de vous consoler (ce qu’il fera avec le sourire ) et de refaire de vous ce coureur jeune et svelte qui courait le semi en moins d’une heure trente… mais pour ça malheureusement, il n’est pas compétent !