Le 24 mars, tu es venu soutenir Thomas Legrain et nous faire partager ton expérience des raids de l’extrême lors de la réunion du Networking Business Club. Tu as su captiver l’attention de tous puisque tu revenais de courir la première édition de la Transahariana, une course exceptionnellement difficile dans le Hoggar algérien, sur les traces de Charles de Foucault. Peux-tu nous en dire quelques mots?

Oui effectivement, j’étais ravi de venir faire partager mon expérience de la course extrême, en même temps que Thomas préparait son départ pour sa première grande aventure du Marathon des Sables 2009.

La Transahariana était une première édition et proposait une distance hors norme de 260 km à effectuer en non-stop et en auto-suffisance alimentaire. La course se déroulait dans le massif du Hoggar qui est un endroit merveilleux dans le sud de l’Algérie. Un désert caillouteux avec des paysages réellement splendides.

J’ai rencontré en Algérie des conditions particulièrement difficiles à rajouter à la distance. Je pense à l’altitude avec un pic à plus de 2500 mètres. Courir jour et nuit est aussi un effort particulier et spécial. Les écarts de température, de 2° la nuit à 40° le jour, le vent, et même un orage… l’hydratation, mais aussi la gestion du sommeil… non, vraiment des conditions extrêmes et terriblement éprouvantes pour l’organisme, de l’avis de tous les participants. Il faut savoir gérer ce type d’effort, accepter de passer par des moments difficiles pour mieux rebondir ensuite, bref apprendre la patience, des courses où la force mentale a une grande importance.

Des paysages exceptionnels lors de la Transahariana...

Des concurrents ont abandonné sur blessure d’autres se sont perdus pendant plus de 20 h. Il est évident qu’une telle course nécessite à tous moments de pouvoir faire reculer le seuil de ses limites physiques et psychologiques. Dans ces conditions qu’as-tu fait pour gérer la souffrance physique et ne pas te laisser envahir par le doute ou la peur ?

Curieusement il n’a pas de doute où de peur lorsque l’on est en course.La souffrance physique, c’est un autre sujet, elle existe surtout en cas de blessure, et là il faut faire avec …, ce qui n’était pas mon cas en Algérie, tout allait bien.

Le seul problème que j’ai rencontré était au niveau des pieds… En effet, le sol très caillouteux provoquait des échauffements au niveau de la voûte plantaire et beaucoup d’ampoules dûes aux points de frottement inhabituels. Heureusement notre infirmière-podologue, spécialiste de ce genre de course a résolu le problème en injectant de l’éosine dans les ampoules puis en appliquant un pansement a base de tulle gras.

Il faut savoir en course prendre le temps de soigner ces bobos sous peine de voir les choses prendre trop d’importance et donc s’exposer à des conséquences parfois lourdes (pansements, crème, etc.).

Sur le reste, il faut savoir que nous sommes tous des coureurs aguerris, et avons déjà participé à de nombreuses courses, se perdre peut faire partie de l’aventure… mais globalement si les règles de base de sécurité sont respectées, il n’y a pas de raison d’en arriver là.

Le mental et le psychologique occupent une part très importante de la réussite de telles courses, mais c’est vrai dans l’ultra-marathon en général. Au fil des courses, on progresse et on apprend à se programmer dans le temps , à positiver et pouvoir ainsi repousser ses limites. Il est très important de positiver les évènements, j’ai beaucoup travaillé ce point, c’est en plus quelque chose qui est applicable à notre quotidien…

Avoir la force mentale de revenir dans une course lorsque l’on a été au plus mal est une vraie qualité qui permet de repousser ses limites en dehors de l’imaginable.

Les limites d’ailleurs, où sont elles ??

Chaque jour je me prends à rêver à d’autres challenges, d’autres aventures. Ce n’est pas une question de défi, c’est une question de performance personnelle : que suis-je capable de faire ? Jusqu’où suis-je capable d’aller ? Ce n’est une nouvelle fois pas une question de chercher la limite mais surtout envisager de grandes choses. J’ai tellement de projets en tête…

Plus qu’un défi, un chemin vers la connaissance de soi ?

Il est certain que ce type de course permet de mieux se connaître et de savoir réellement ce dont on est capable, de savoir toucher ses limites… Oui, tout cela permet aussi de savoir relativiser au retour à la vie normale…

Dans tes courses, tu me disais que tu faisais parfois de belles rencontres et que tu nouais de grandes amitiés ?

Thierry Adeline avec les hommes du désert.

Tout à fait. Au fil de ses nombreuses années, j’ai rencontré dans le peloton de coureurs des gens de grande valeur. En Algérie la semaine dernière aussi. Des hommes vrais, d’une grande force mentale, modestes et humbles, tout en ayant une immense expérience.

Entre nous, les relations sont sur le même registre que la course : « extrême », nous fonctionnons sur un mode où la valeur humaine a une réelle importance. Il y a respect de l’autre et considération : on est dans un monde de passion, donc de vérité.

Tes projets 2009, peux tu en nous parler?

D’abord me reposer… Il faut savoir se ménager des périodes de récupération aussi bien au niveau physique que psychologique.

Ensuite début mai je participerai aux 24 heures de SENE, en Bretagne, ensuite le mythique Spartathlon en Grèce avec 245 km en non-stop en moins de 36 heures entre Athènes et Sparte. En novembre la Trans-333 au Maroc dans le désert près de Merzouga, une course mythique de 333 km en non stop, en solo et au GPS… J’en rêve déjà ! Et peut-être pour finir, si le physique va bien, le Sultanat d’Oman fin novembre pour finir l’année en beauté…

Tu associes tes courses au soutien de France Lymphôme Espoir, tu peux nous en dire un mot ?

Avec plaisir, je pense que se dépasser c’est aussi s’engager dans des défis qui paraissent inatteignables et leur donner un sens humain. C’est mon cheminement depuis 2007 mais surtout depuis que mon histoire personnelle m’a confronté au Lymphôme. Cette démarche me permet d’aider les malades et leurs proches.

66% du don vous sera remboursé en réduction d’impôt. C’est simple et 100% sécurisé. Votre don sera reversé par Aider donner et un reçu fiscal sera immédiatement mis à votre disposition

Thierry Adeline sur la ligne de départ... Par - 6°C, Thierry Adeline court toujours... Thierry et Pierre Gagnière, à l'arrivée de la Transaharana.

Association France Lymphome Espoir :

France Lymphome Espoir est une association d’hommes et de femmes atteints d’un lymphôme (cancer du système lymphatique) qui a pour but d’assister ceux qui sont touchés par cette maladie en :

  • leur proposant des informations précises sur la maladie, les traitements et la recherche,
  • les soutenant dans leur vie au quotidien avec la maladie
  • encourageant la recherche et la formation sur les lymphomes.

Site Internet : http://www.francelymphomeespoir.fr/