Les courses qui placent l’organisme dans des conditions extrêmes nous font prendre conscience de la force requise pour réaliser ces grandes épreuves sportives.

Ainsi sur chaque compétition, le physique et le mental doivent rester très proches l’un de l’autre. Une communion que le coureur de très longues distances parvient ou du moins tend à conserver le plus longtemps possible en course car à tout moment, le mental peut s’imposer et soutenir la faiblesse du corps quand ce n’est pas l’inverse.

On pourrait également parler de savoir-faire ou de talent. Ce dernier serait de pouvoir se relâcher dans un contexte, un environnement constellé de tensions : distances, durée, barrières horaires, températures excessives (chaleur ou froid), absence de sommeil, rythme de la foulée ou vitesse élevée, alimentation, hydratation … et stress.

Le stress est en effet le facteur limitant qu’il faut savoir modérer quand on ne peut totalement l’effacer. C’est un parasite qui se déguise sous plusieurs formes : stress physique ou chimique, stress émotionnel au point d’entraver parfois le potentiel du coureur.

Coureur qui est avant tout un être humain doté d’une personnalité forgée par le quotidien et les multiples courses vécues et donc composée d’hésitations, de doutes mais aussi de sensibilité, de fragilité et de générosité…

Si le stress est reconnu pour être un parasite de la performance, il est cependant possible de lutter contre celui-ci. En effet, comme une auto-évaluation des facteurs internes et/ou externes, une check-list pourrait dresser les points critiques afin de les éradiquer totalement ou tout au moins d’éviter qu’ils ne se transforment en points anxiogènes. Cette check-list serait validée à l’occasion de l’ultime grande sortie, la dernière séance, une répétition finale avant la grande première qui placerait le coureur dans d’excellentes dispositions, dans une décontraction saine à l’approche de l’épreuve.

Nous avons abordé tous ces thèmes avec Thierry au cours de nos nombreux échanges. Nous avons ainsi évoqué le haut pouvoir de concentration du coureur de très longues distances, la force de son mental, le contrôle des émotions indispensable pour le maintien de la lucidité. Nous étions d’accord sur l’importance de la préparation mentale dans la planification d’avant course. Car elle peut aider, au moment voulu, au franchissement des obstacles gênant la progression. Elle peut également faciliter la gestion de la course, permettre au coureur de s’adapter à tout moment pour mieux vivre sa course, de bout en bout.

Avant son départ, j’ai souhaité à Thierry une course très fluide. Qu’elle lui permette d’exprimer toutes ses qualités personnelles. Que ses performances physiques lui procurent un infini plaisir, une immense joie tout au long de sa course.

Je lui envoie aujourd’hui au travers de cet article tout mon soutien ainsi que mes meilleures pensées pour cette belle épreuve du Spartathlon.