Un an après le tournage du film « courir sans souffrir », nous avons rencontré Arnaud qui vient de « boucler » le triathlon de Roth

Arnaud qu’elles sont tes premières sensations sur cette épreuve ?

CRBG

Ce triathlon distance Ironman s’est plutôt bien déroulé pour moi, malgré des conditions météo exécrables (pluie et froid). Je suis partis prudemment en natation puisque je mets 58 minutes pour faire les 3.9 kms dans le canal de Roth. Les 180 kms de vélo se sont avérés plus délicats car les descentes étaient dangereuses et le froid m’a provoqué des crampes à partir du kilomètre 120 ! Je boucle le parcourt cycliste en 5h06. Viens ensuite le plat de résistance ; le marathon. Toujours sous la pluie (elle redouble d’intensité à ce moment là !), je pars sur des bases de 4.15/4.30 au kilo, ce qui passe bien jusqu’au 22ème, et là, quelqu’un viens de couper les vannes d’arrivé d’énergie sans me prévenir ! Plus rien ou pas grand-chose jusqu’au 29ème !

Et puis le jus revient, il ne reste plus que 13 kms, alors je me remotive et je reprends mon tempo sur 4.30 /4.45. Les 4 derniers kilomètres sont en descente, et puis il y a le stade d’arrivé, grandiose, 3h34 sur le marathon, moins bien que ce que j’avais espéré mais très content d’en avoir terminé, surtout quand on sait que le nombre d’abandon a été record cette année à cause des chutes et crevaisons en vélo et des hypothermies en course à pied Au final un temps de 9h51.06 sur cette course mythique ! Je suis un Ironman !

Depuis le raid XPD en Australie, il y a un an, tu as eu l’occasion de faire de nombreuses courses durant lesquelles ton pied droit a été fortement sollicité. Quand est-il aujourd’hui de cette bursite inflammatoire provoquée par ton pied creux ?

Marathonien

Nombreuses ont été les courses de préparation pour Roth en effet, semi de Boulogne, de Rambouillet, triathlon CD de Pont Audemer, MD de Troyes, sans compter les raids sportifs et les nombreuses séances d’entrainement hebdomadaires en course à pied (5 en moyenne).

Je peux dire aujourd’hui que les douleurs au niveau de mon pied droit ont totalement disparues !

Et oui, ça parait incroyable, surtout lorsque l’on sait que les médecins du sport me conseillaient une opération et un arrêt de la marche pendant 24 mois !

Avec les travaux de recherche de la meilleure solution non chirurgicale, nous avons abouti à la mise en place de semelles orthopédiques.

Les mises au point non pas été simples car il fallait, dans un premier temps trouver un moyen de soulager la douleur sans pour autant provoquer des zones de frottement ni alourdir les chaussures ; une zone de décharge sous la bursite, un recouvrement suffisamment résistant sans pour autant être agressif pour la peau soumise à l’humidité prolongée (parfois plus de 24 h !).

Cette opération a été un succès puisque j’ai pu effectivement courir sur le raid XPD Australia en Août 2008 avec mes coéquipiers de l’équipe WCUP Issy-les-Moulineaux.

Il est clair que sans ces semelles, il m’aurait été impossible de m’entrainer et de participer à ce raid, elles ont constituées pour moi la solution parfaite pour remédier à ce souci de pieds creux.

Tu as couru le marathon de Roth avec une paire de semelles orthopédiques équipée d’une lame en fibre de carbone destinée à améliorer la propulsion, quelles sont tes premières impressions sur cet équipement ?

Il a fallu dans un second temps, mettre en œuvre des semelles à la fois efficaces pour soulager la douleur, mais aussi me permettant de trouver une sensation de rendu et d’efficacité satisfaisant pour réaliser des courses sur route telle que des semi ou des marathons.

Deux nouveautés sont alors venues se greffer aux semelles ; un talon amortissant pour le confort encore amélioré et surtout un rajout d’une lame carbone autour de la zone de décharge.

Cette lame permet un rendu dynamique impressionnant lors de la phase de poussée du pied.

M’en passer aujourd’hui me parait difficile (nous avons fait des tests de semelles sans ces lames carbone), il me manque la sensation de réactivité essentielle pour les courses sur route demandant un certain punch dans la foulée.

La mise en place de mes semelles orthopédiques a donc été pour moi la solution parfaite pour me permettre d’éviter un arrêt de l’activité physique (ce qui vu la durée de l’arrêt et mon âge aurait quasiment à coups sur provoqué la fin de ma carrière sportive) et surtout de faire disparaître la douleur et la bursite en seulement 8 mois !

Mieux encore, les semelles orthopédiques sont devenues un des facteurs de mes performances sur les parties course à pied de mes triathlons.

Un talon ultra amortissant pour le confort, un recouvrement résistant et confortable (même avec les pieds nus !) et enfin les lames carbone qui dynamisent l’ensemble sur la phase de poussée de la foulée.

Mon handicap de départ c’est donc transformé en gain de performance en fin de compte !

Ceci n’a forcement été possible que grâce à l’écoute, aux compétences et à la passion de mon podologue du sport. Un passionné de son métier et de la course à pied, marathonien lui-même, ce qui lui permet de comprendre et appréhender les préoccupations et les exigences du compétiteur.

Nous travaillons en ce moment sur des prototypes de semelles pour les chaussures vélo, avec de nouvelles contraintes et de nouveaux challenges en perspective, de quoi nous faire progresser encore pendant de longues années je l’espère !