Généralités sur la chirurgie de l’avant-pied

La chirurgie de l’avant-pied s’est beaucoup transformée depuis 15 ans en France. Les gestes techniques qui concernaient surtout ce que nous appelons les « parties molles », c’est-à-dire tendons, ligaments et enveloppes articulaires, se sont étendus à l’os lui-même. Les chirurgiens pratiquent couramment maintenant des sections osseuses (ostéotomies), qui modifient l’architecture du pied, améliorant considérablement les résultats.

Dans l’univers de ces techniques osseuses, deux grands types de chirurgie s’opposent à la fois et se complètent : la chirurgie classique, dite « à ciel ouvert » par ses cicatrices, et dernière née, la chirurgie mini invasive ou percutanée.

1_diapositive5untitled

La chirurgie classique :

La chirurgie classique (diaporama 1), « à ciel ouvert » a été diffusée en France il y a environ 15 ans. C’est une chirurgie ambitieuse, faisant l’objet d’un plan pré-opératoire précis, permettant de faire des gestes très complets. Il s’agit de section ou d’allongement des parties molles rétractées, de remise en tension de celles qui sont distendues. On réalise par ailleurs des section-réorientation des os (ostéotomies) Celles-ci permettent de corriger toutes les déformations possibles : on peut ainsi abaisser un os, le réorienter dans l’axe du pied, le raccourcir si besoin….

Tout est analysé en trois dimensions. Les cicatrices, de quelque cm siègent en général à la partie interne du pied en regard du gros orteil, et au dessus du pied. Les os sont fixés par du matériel métallique que l’on ne retire pas, en général ce sont des toutes petites vis et des agrafes.

Les deux type d’ostéotomies les plus pratiquées sont celle de Scarf et le Chevron.

Diaporama 1


» Lire la suite…

Cyrille Cazeau, chirurgien orthopédiste.

Catégorie(s) : Chirurgie du pied
Diffusez cet article | Aucun commentaire | Rédigez un commentaire »

Ultramarathons : la force du mental

Les courses qui placent l’organisme dans des conditions extrêmes nous font prendre conscience de la force requise pour réaliser ces grandes épreuves sportives.

Ainsi sur chaque compétition, le physique et le mental doivent rester très proches l’un de l’autre. Une communion que le coureur de très longues distances parvient ou du moins tend à conserver le plus longtemps possible en course car à tout moment, le mental peut s’imposer et soutenir la faiblesse du corps quand ce n’est pas l’inverse.

On pourrait également parler de savoir-faire ou de talent. Ce dernier serait de pouvoir se relâcher dans un contexte, un environnement constellé de tensions : distances, durée, barrières horaires, températures excessives (chaleur ou froid), absence de sommeil, rythme de la foulée ou vitesse élevée, alimentation, hydratation … et stress.

Le stress est en effet le facteur limitant qu’il faut savoir modérer quand on ne peut totalement l’effacer. C’est un parasite qui se déguise sous plusieurs formes : stress physique ou chimique, stress émotionnel au point d’entraver parfois le potentiel du coureur.

Coureur qui est avant tout un être humain doté d’une personnalité forgée par le quotidien et les multiples courses vécues et donc composée d’hésitations, de doutes mais aussi de sensibilité, de fragilité et de générosité…

Si le stress est reconnu pour être un parasite de la performance, il est cependant possible de lutter contre celui-ci. En effet, comme une auto-évaluation des facteurs internes et/ou externes, une check-list pourrait dresser les points critiques afin de les éradiquer totalement ou tout au moins d’éviter qu’ils ne se transforment en points anxiogènes. Cette check-list serait validée à l’occasion de l’ultime grande sortie, la dernière séance, une répétition finale avant la grande première qui placerait le coureur dans d’excellentes dispositions, dans une décontraction saine à l’approche de l’épreuve.

Nous avons abordé tous ces thèmes avec Thierry au cours de nos nombreux échanges. Nous avons ainsi évoqué le haut pouvoir de concentration du coureur de très longues distances, la force de son mental, le contrôle des émotions indispensable pour le maintien de la lucidité. Nous étions d’accord sur l’importance de la préparation mentale dans la planification d’avant course. Car elle peut aider, au moment voulu, au franchissement des obstacles gênant la progression. Elle peut également faciliter la gestion de la course, permettre au coureur de s’adapter à tout moment pour mieux vivre sa course, de bout en bout.

Avant son départ, j’ai souhaité à Thierry une course très fluide. Qu’elle lui permette d’exprimer toutes ses qualités personnelles. Que ses performances physiques lui procurent un infini plaisir, une immense joie tout au long de sa course.

Je lui envoie aujourd’hui au travers de cet article tout mon soutien ainsi que mes meilleures pensées pour cette belle épreuve du Spartathlon.

Corinne PEIRANO, diététicienne, nutritionniste, ultramarathonienne et ultratraileuse

Catégorie(s) : Pathologies du sportif
Diffusez cet article | Aucun commentaire | Rédigez un commentaire »

Enfin le départ pour le Spartathlon 2009

Thierry Adeline, lors de la Transaharienne en février 2009

C’est ce matin, mercredi que je me suis envolé en Grèce pour participer au Spartathlon 2009, dont le départ est prévu vendredi matin de l’Acropole à 7h00. Direction Sparte, pour une course de 246 km non-stop.

Aucune pression inutile avec les derniers préparatifs, et un passage chez mon ami Pierre Lapègue pour valider un dernier point.

Suivez ma progression en direct sur le site du Spartathlon (numéro de dossard 108).

Je vous ferai part de cette nouvelle aventure lors de mon retour.

Thierry Adeline, ultramarathonien

Catégorie(s) : Courses célèbres
Diffusez cet article | Aucun commentaire | Rédigez un commentaire »

Déshydratation, hydratation

Effectivement, nous avons longuement parlé avec Thierry Adeline au cours des précédentes consultations, des effets pervers de la déshydratation : élévation de la température interne, fatigue prématurée, troubles de la contraction musculaire, perte de la lucidité…

Avec une perte de 1 à 2 litres de sueur par heure, c’est déjà une température interne augmentée de 2 à 3 °C. Or, dans des conditions extrêmes, en tenant compte du climat et du profil de la course, le débit de la sueur peut s’élever jusqu’à plus de 3 L par heure. A la température extérieure supportée par le coureur, il faut ajouter l’activité musculaire en elle-même qui produit également un surcroît de chaleur.

Thierry va courir 246 km dans un environnement fortement marqué par des températures extérieures élevées. Ce handicap sera accentué par la pollution rencontrée notamment dans les milieux urbains. Pour combattre les effets cardio-accélérateurs dus à la chaleur et maintenir la pression sanguine artérielle nécessaire à l’activité cardio-vasculaire et locomotrice en plein effort, Thierry veillera à s’hydrater régulièrement et correctement. Correctement signifiant une prise hydrique de qualité. Fréquence d’hydratation, quantité d’absorption à chaque gorgée et qualité de la boisson… en résumé : Quand ? Combien ? Quoi ? Le tout visant à faciliter le travail de la vidange gastrique en pleine course.

Faire un point récapitulatif sur les conséquences d’un apport de liquides exclusivement basé sur l’eau durant la course, nous a paru essentiel, compte tenu des récentes difficultés vécues par Thierry en Lybie et en Algérie. Le risque d’hyponatrémie (diminution de la concentration en sodium dans le sang) est bien réel au-delà d’un apport de trois à quatre litres d’eau. Prosaïquement, on peut renvoyer l’hyponatrémie à une image d’empoisonnement par de l’eau : dégoût de cette dernière, nausées, vomissements, fatigue exagérée, céphalées doivent alerter le coureur au plus vite, bien avant les convulsions et le risque de coma. D’où l’importance de la qualité de la boisson et la recherche d’une boisson isotonique (de même concentration que le milieu plasmatique pour une meilleure assimilation). Cette boisson contiendra, en plus des ingrédients habituels, du chlorure de sodium plus connu sous le nom de sel de cuisine, de manière à s’approcher au maximum de l’équilibre hydro-électrolytique.

Au maximum, car il ne faut pas se leurrer : la balance hydro-électrolytique est toujours altérée lors des courses de très grande endurance. Le sodium principalement mais aussi le potassium sont souvent déficitaires. Or, il se trouve que ces mêmes électrolytes jouent un rôle capital dans la contraction musculaire.

En tenant compte des facteurs liés à la déshydratation, j’ai conseillé Thierry sur la variété et la régularité des prises hydriques, en me référant à ses habitudes : prise de 600 ml/h, petites gorgées régulières, boisson énergétique adaptée à l’effort à diluer en fonction de la chaleur, soupe qu’il supporte bien, soda au cola et une innovation qu’il aura testée bien sûr au préalable à l’entraînement : la prise régulière de sachet Vée mélangé à de l’eau (1 sachet pour 1 L à 1,25 L au maximum).

Le but recherché ici, avec les sachets Vée, est un apport de sodium et de potassium sous forme de sels désacidifiants de façon à obtenir un apport hydrique légèrement salé, mais aussi un effet antioxydant avec régulation du pH sanguin. Le fait qu’il y ait une légère production de dioxyde de carbone au contact de l’eau – effet limonade – stimulera les chémorécepteurs en bouche, les récepteurs du goût sur la langue et dans la cavité buccale, tandis que le bicarbonate de sodium facilitera de son côté la sécrétion gastrique.

Armé de toutes ces connaissances, Thierry s’évitera des erreurs d’application dans la gestion de son hydratation, tout au long de la course, en prenant garde de perdre ses repères vers l’arrivée : piège de l’euphorie, inévitable en fin de course…

Corinne PEIRANO, diététicienne, nutritionniste, ultramarathonienne et ultratraileuse

Catégorie(s) : Pathologies du sportif
Diffusez cet article | Aucun commentaire | Rédigez un commentaire »

Quand Spartathlon rime avec hydratation…

A coup sûr, l’hydratation est l’une des clés de la réussite à une course comme le Spartathlon… C’est d’ailleurs, et dans toutes les courses, une des composantes essentielles de l’alimentation de l’effort

C’est un des points sur lesquels je me suis penché et sur lequel j’ai essayé de réfléchir au mieux, car mes mésaventures passées aussi bien en Libye (200 km non-stop) et en Algérie (270 km non-stop), probablement de l’hyponatrémie due à un excès d’eau et provoquant des nausées et vomissements, me poussent à la plus grande attention dans ce domaine.

En plus de l’effort en lui même qui sera extrême, il faudra rajouter à la fois la durée de la course, mais aussi prendre en compte la température haute qu’il peut faire en Grèce au mois de septembre…

Ma stratégie définie sera donc de m’hydrater régulièrement et, dès le départ de la course, le volume sera de l’ordre de 600 mL/heure, ce qui semble une moyenne parfaitement assimilable, en variant les boissons isotoniques, coca, thé mais aussi les boisssons salées au maximum de la tolérance (soupe, bouillon, etc.).

Je suis persuadé, et en accord avec les conseils de Corinne Peirano, que l’apport d’eau simple ne suffira pas et qu’il faudra veiller à maintenir le bon équilibre hydrique tout au long de la course. J’y serai très attentif

La boisson isotonique retenue sera celle de Punch Power (parfum goyave), mais aussi régulièrement l’utilisation de sachets VEE qui apporteront bicarbonate et sodium.

A bientôt.

Thierry Adeline, ultramarathonien

Catégorie(s) : Pathologies du sportif
Diffusez cet article | Aucun commentaire | Rédigez un commentaire »